L’humain aux commandes, l’IA en soutien : l’AdN montre l’exemple avec The QUAD
Avec le projet The QUAD, l’Agence du Numérique s’appuie sur l’Intelligence Artificielle (IA) dans ses pratiques quotidiennes pour gagner en efficacité, améliorer la qualité de ses livrables et inspirer l’écosystème numérique wallon.
À l’Agence du Numérique (AdN), l’intelligence artificielle n’est pas qu’un sujet de veille ou de stratégie à destination des entreprises wallonnes. C’est aussi une pratique quotidienne pour améliorer les méthodes de travail et renforcer l’efficacité collective. C’est tout le sens du projet The QUAD.
« C’est en expérimentant l’IA nous-mêmes que nous pouvons en démontrer les usages et accompagner plus efficacement les entreprises, les pouvoirs publics et nos partenaires », explique Philippe Compère, coordinateur du projet au sein de l’AdN.
The QUAD : un laboratoire d’innovation interne
Lancé en 2023, le projet The QUAD a été initié par Pascal Poty, Directeur du pôle Prospective et Intelligence territoriale, à l’origine de la stratégie régionale en intelligence artificielle. L’objectif est clair : faire de l’AdN un laboratoire vivant où l’IA est non seulement analysée mais aussi testée, adoptée et adaptée aux besoins concrets.
« The QUAD, c’est avant tout la volonté de rester pionnier. Pour amplifier le rôle de l’Agence du Numérique en tant que centre d’expertise, nous devons expérimenter et comprendre de l’intérieur ce que l’IA peut offrir mais aussi appréhender ses limites et ses risques », souligne Philippe Compère. Le nom lui-même est un clin d’oeil à l’Université de Stanford et à sa célèbre cour intérieure (« main quad »), symbole d’innovation et de passage obligé des grands noms de la tech.
Une démarche collective et transversale
« Dès le départ, nous avons décidé que ce projet ne se limiterait pas à quelques pionniers. L’objectif est que chaque collègue, dans chaque service, monte en compétence et puisse bénéficier des opportunités offertes par l’IA », met en avant Philippe.
L’ambition est claire : créer une intelligence collective augmentée, où l’IA sert de support pour libérer du temps. Ce temps gagné peut être réinvesti dans de la veille stratégique et des projets à forte valeur ajoutée, tout en renforçant la qualité des livrables.
L’humain au centre, l’IA en soutien
L’Agence a investi dans Microsoft Copilot, intégré à la suite Office 365. Une cinquantaine de licences ont été déployées, permettant d’explorer des usages variés. Mais l’utilisation de l’IA à l’AdN ne se résume pas à Copilot. Une cartographie des besoins a permis d’identifier une quinzaine d’agents IA potentiels. Quatre services de support (RH, Communication, Finance et IT) ont d’ailleurs été désignés comme « front runners » de la prochaine phase du projet, avec pour mission de mettre en oeuvre les usages les plus prometteurs.
« Nous avons déjà mis en place un agent qui facilite la préparation des réponses aux questions parlementaires. Le gain de temps est considérable mais la validation finale reste toujours humaine. L’IA assiste, elle ne remplace pas l’expertise », précise Philippe.
Accompagner, rassurer et encadrer les usages
L’adoption de l’IA suscite des craintes légitimes : peur de perdre la main, méconnaissance, difficulté à suivre un rythme d’évolution effréné. Mais un autre défi, plus discret, s’invite dans la pratique quotidienne : le « shadow AI ». Autrement dit, l’utilisation parallèle d’outils non encadrés comme ChatGPT. Loin d’être une exception, cette pratique reflète la curiosité naturelle et la volonté des collaborateurs de tester par eux-mêmes. L’enjeu, pour l’AdN, est d’offrir un cadre sécurisé et formateur afin que chacun puisse explorer l’IA… sans risque.
Une feuille de route ambitieuse
L’objectif de The Quad est que chaque collaborateur devienne progressivement un « manager d’agents IA », capable de déployer et coordonner plusieurs assistants IA dans son quotidien. « L’IA peut nous faire gagner 30 à 40 % de temps. La question n’est pas seulement de gagner du temps mais de décider comment le réinvestir : dans la veille, dans des projets stratégiques ou tout simplement dans un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle », explique Philippe.
Mais ce gain de temps ne peut pas se faire au détriment de l’essentiel. Philippe insiste sur trois dimensions indissociables :
- la qualité afin de garantir que les productions restent fiables, pertinentes et crédibles ;
- la quantité pour alimenter régulièrement des plateformes comme Digital Wallonia avec des contenus riches et variés ;
- l’image car chaque livrable reflète l’AdN et son rôle de service.
En d’autres termes, l’IA doit être un levier pour produire plus et mieux, tout en consolidant la réputation de l’Agence comme acteur de référence du numérique en Wallonie.
Une culture d’innovation à visage humain
Derrière les outils et les projets, The Quad met surtout en lumière une culture tournée vers l’innovation et la collaboration en s’appuyant sur l’IA comme une opportunité au service du collectif.
« N’ayez pas peur de l’IA, ce n’est pas elle qui est dangereuse, c’est l’usage qu’on en fait. L’IA n’est qu’une marionnette, c’est l’humain qui en tire les ficelles. À nous d’en faire un levier positif », conclut Philippe. Avec The Quad, l’Agence renforce son rôle de pionnier et d’expert, tout en offrant à ses collaborateurs un terrain d’apprentissage stimulant.