L’AdN et l’EAP collaborent pour former les agents du service public à l’intelligence artificielle
L’Agence du Numérique et l’École d’Administration Publique lancent le « Passeport IA », un parcours de formation destiné à accompagner les agents publics dans une adoption responsable et efficace de l’intelligence artificielle.
Face à l’essor de l’intelligence artificielle dans le secteur public, l’Agence du Numérique (AdN) et l’Ecole d’Administration Publique (EAP) collaborent sur un projet de formations en IA, spécifiquement conçu pour les agents des services publics. Cette initiative vise à accompagner les administrations dans l’adoption de l’intelligence artificielle, tout en répondant aux enjeux de confidentialité et d’efficacité qui s’imposent aujourd’hui.
Antoine Hublet, expert en intelligence artificielle à l’Agence du Numérique, revient sur cette collaboration et nous explique les grandes lignes de ce projet.
Un contexte porteur et une demande croissante
L’intelligence artificielle s’impose dans tous les secteurs, y compris au sein des services publics. La majorité des agents utilise déjà des outils tels que ChatGPT ou Copilot pour automatiser des tâches répétitives, rédiger plus efficacement ou analyser des données. Mais cette adoption rapide s’accompagne de questions essentielles.
- Comment garantir la sécurité des données des citoyens ?
- Comment éviter les biais ou les erreurs ?
- Comment rester maître des productions issues de ces technologies ?
Face à ces enjeux, la formation des agents publics devient une priorité, d’autant plus que la réglementation européenne impose désormais de former les utilisateurs d’IA dans certains cas d’usage à risque. L’objectif est de garantir une utilisation responsable de l’IA et de développer un regard critique sur l’utilisation de ces technologies dans le travail quotidien.
Le « Passeport IA » : un parcours structuré et concret
Pour répondre à ces enjeux, l’AdN et l’EAP ont co-construit un parcours complet nommé « Passeport IA ». Ce parcours est composé de deux modules complémentaires :
Module 1 : Introduction à l’IA
Une journée pour comprendre les fondamentaux : définitions, grands principes, cadre réglementaire mais aussi enjeux éthiques, sociétaux et environnementaux. L’approche alterne théorie et mise en pratique, pour démystifier l’IA et identifier les bonnes pratiques.
Module 2 : Approfondissement et cas pratiques
D’une durée de deux jours, ce module s’adresse aux participants souhaitant aller plus loin. À travers des ateliers concrets et des études de cas inspirées de leurs métiers, les participants élaborent un plan d’actions personnalisé pour intégrer l’IA au sein de leur organisation.
« La conception des contenus a mobilisé un large groupe de travail, incluant la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Service Public de Wallonie et des prestataires spécialisés, afin de garantir une adéquation avec les besoins du terrain », détaille Antoine Hublet.
Un engouement révélateur d’un réel besoin de formation
Le succès de l’initiative ne s’est pas fait attendre : plus de 500 alertes d’intérêt ont été enregistrées en quelques jours, pour environ 250 places disponibles. Les inscriptions ont été clôturées en seulement deux heures, témoignant de l’appétence du secteur public pour ces formations.
Un impact durable pour la région wallonne
Le secteur public wallon figure déjà parmi les plus actifs en matière d’intelligence artificielle. Depuis 2022, près d’une centaine d’organisations publiques a été accompagnée dans le cadre des appels à projets Start IA de Digital Wallonia pour identifier le potentiel de ces technologies dans leurs activités. « Les administrations publiques s’emparent pleinement des enjeux de l’IA. Elles veulent comprendre, expérimenter et innover au service du citoyen », conclut Antoine Hublet.
En conclusion, c’est en unissant leurs forces que l’AdN et l’EAP contribuent, via ce parcours, à bâtir une administration publique plus innovante, responsable et prête à tirer pleinement parti du potentiel de l’intelligence artificielle au service du citoyen.